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Le village de Gongkhar se situe dans l’état Arunachal Pradesh qui est un état très pauvre de l’Inde. Son accès est très contrôlé car il se situe à la frontière avec la Chine qui le revendique comme faisant partie du Tibet. Il y a des camps militaires de partout et il est très difficile d’obtenir un permis de circulation pour cette zone. Nous avons donc été très privilégiées d’avoir pu visiter cette région qui malgré les militaires est un petit brin de paradis sur Terre!

 

La ville la plus proche du village s’appelle Tawang, c’est là que nous étions logées. Cette ville est entièrement bouddhiste et est réputée pour son grand et splendide monastère. Ce sont des moines de ce monastère, en particulier le géshé Thupten Phuntsok, qui ont créé une association qu’ils ont nommée « Gongkhar medical tree health care society » dont le but est de fournir aux habitants de Gongkhar un accès à des soins médicaux. Ils ont déjà permis la construction d’un petit dispensaire, font tout leur possible pour qu’un docteur et une infirmière viennent une fois par mois au village et qu’ils aient accès à des médicaments. Ils financent aussi les études d’infirmière d’une jeune fille du village afin qu’il y ait une infirmière sur place. En résumé, ce sont des personnes exceptionnelles!

 

Les habitants du village vivent dans des conditions très précaires, en tous cas à nos yeux, car eux semblent se débrouiller à merveille avec ce qu’ils ont. Nous nous sommes rendues compte du confort incroyable dont nous bénéficions en France, qui nous a paru d’un seul coup démesuré. Ils font la cuisine dans de grandes marmites au-dessus du feu, n’ont pas de frigo, boivent et se lavent dans de l’eau qui provient du haut de la montagne (qu’ils doivent faire bouillir pour pouvoir boire), ils ont de l’électricité pour faire marcher leurs petites ampoules mais qui saute 9 fois sur 10 à cause de la pluie, pas de chauffage or les températures peuvent descendre jusqu’à -25°C en hiver mais ils ont de petites cheminées, pas d’appareils électroménagers à l’exception de quelques maisons. Ils cultivent de l’orge tout autour du village dont ils se servent pour s’alimenter mais aussi et surtout pour fabriquer un alcool qu’ils boivent toute l’année pour se réchauffer… Ils nous en ont fait boire en guise de bienvenue ce qui est absolument adorable mais c’était vraiment fort et quasi imbuvable ! Les petits vont à l’école du village et les plus grands partent étudier dans les grandes villes pour les plus « riches », ou dans les villages voisins à au moins une heure de marche du village. Les adultes n’ont soit pas de travail et sont auto-suffisants, soit partent casser des cailloux dans la montagne (hommes et femmes certains bébé sur le dos) qu’ils revendent trois fois rien (et qui servent à construire des maisons). Par tradition et souvent les familles les plus pauvres envoient leur dernier fils au monastère de Tawang, en général vers 5ans ce qui est extrêmement difficile pour l’enfant et pour la famille… Les moines une fois qualifiés transmettent leurs enseignements aux plus jeunes, ils semblent plus aisés que la moyenne et viennent financièrement en aide à leur famille. Il y a un esprit d’entre-aide dans ce village qui est magnifique à voir. Par exemple la cantine de l’école fonctionne grâce aux femmes du village qui mettent en commun leurs ressources et qui cuisinent pour tous les enfants. Nous avons eu la preuve sous nos yeux que l’argent n’achète pas le bonheur, si ça n’est le contraire, car ils avaient tous l’air bien plus heureux et généreux que la plupart d’entre nous (riches occidentaux).

 

Notre rôle a été de récolter les fonds nécessaires pour le fonctionnement du petit dispensaire du village. Les habitants, qui n’ont ni doliprane ni spasfon sous la main, se soignent avec des remèdes tibétains, entièrement naturels faits avec des herbes. Lorsque quelqu’un tombe vraiment malade ils sont transférés à l’hôpital de Tawang qui est à 2h de route, sans compter la forte possibilité qu’un arbre soit tombé au milieu de la route, que la voiture reste coincée dans la boue, ou qu’à cause de la pluie un petit glissement de terrain barre la route. Le véhicule qui sert à faire ces transferts c’est le groupe de l’an dernier (2015) qui a commencé à le financer, nous avons mis 700 euros cette année, et il restera 700 euros au groupe de l’an prochain (2017). Nous leur avons amené du petit matériel médical que nous avions récoltés dans les pharmacies et grâce à des amis (pansements, antiseptiques etc). Pour les médicaments le dispensaire tente tant bien que mal à leur en fournir, sur place nous avons fait l’inventaire des médicaments manquants et nous avons acheté à Tawang 300 euros de médicaments (sachant que les médicaments sont beaucoup moins chers qu’en France). Nous leur avons acheté un kit pour mesurer la glycémie pour les patients diabétiques qui sont très nombreux. On pense que c’est dû à la quantité de thé qu’ils boivent par jour (5 ou 6) qu’ils sucrent à fond. On leur a ramené plusieurs boîtes de smecta car ils n’ont pas d’équivalence en Inde et que beaucoup ont des problèmes de transit. Ce qui n’est pas étonnant car ils lavent leurs fruits et légumes dans de l’eau non filtrée pleine de parasites et de bactéries, certains la boivent carrément sans la bouillir, et c’est pourquoi ils mangent si épicé c’est parce que ça tue la plupart des bactéries ! Sauf que manger tout le temps épicé ça n’est pas bon pour le transit non plus…

 

Lorsque le médecin a le temps et si le dispensaire a l’argent, un médecin (et une infirmière) passe une fois par mois au village et fait un check up rapide de la plupart des habitants, le médecin que nous avons rencontré fait cela dans plusieurs autres villages il appelle cela les « health camps » : il enchaîne une centaine de consultations dans la journée voire plus. Nous avons fourni assez d’argent pour assurer une visite par mois pour l’année. Ensuite notre dernière action a été de fournir aux enfants de l’école du dentifrice et des brosses à dents, et de leur expliquer qu’il faut se laver les dents tous les jours et quelques autres règles d’hygiène. On leur a offert des cahiers d’origami, des doudous et un ballon de foot qu’ils ont adoré !